De nombreux blogs déclinent une telle image où l'auteur -Pierre Assouline en tête- porte une tasse de café à sa bouche. Sans doute annonce-t-elle ainsi une notion de temps, un moment de la journée rattaché à la consommation du café, au petit-déjeuner ou en début d'après-midi, et indique aussi quelque chose sur la brièveté de cet exercice d'écriture. La chronique est quotidienne, le vers et le sujet sont libres et peuvent se déployer de manière aussi réactive et imprévue qu'une humeur matinale. L'autre unité qui apparaît sur ces photographies est celle du lieu qui renforce encore la particularité de ce type de billet. Toutes les caractéristiques d'une conversation menée autour d'un café, les parfums d'une rumeur appréciés dans la solitude, en terrasse, à côté d'un journal ou sur les hauteurs du zinc. Des profondeurs encore ensommeillées surgit l'éveil d'une capture, suivent la gloire et la postérité du mot.
jeudi 24 février 2011
dimanche 16 janvier 2011
Des trains
Seul intérêt de la ville un dimanche, c'est incontestablement les trains. La rumeur vague annoncée sur la colline avant la synagogue, puis enfin la gare. Tout un chamboulement de fers, d'aciers finissant péniblement sa course dans un long crissement de freins. Ce n'est plus un chant de vapeur et de fumée mais tout de même, ils portent encore cette charge héroïque avec leur lot de vieilles histoires en partances. La gare, parfois tout juste une maison, ce n'est au fond que le "plancher des vaches", l'horizon plus plat et morne duquel rien ne monte. Ce n'est qu'un passage avec ces gens noirs souvent pressés, le regard envouté par les horloges et les panneaux d'aiguillage porté par un brouhaha saisissant quand la foule se livre tout cru au long serpent qui chenille sur l'un des quais.
Tout le monde semble là, qu'il soit français ou d'ailleurs. L'idiot, d'abord, qui déteste les gares, les hasards et "les retards coutumiers"... les trains qu'il a vendu en tant qu'usager et qui ne marchent plus, lui qui ne comprend pas pourquoi. Ils sont nombreux ceux-là, l'horloge scellée autour du cou, avec leurs valises énormes, leurs mallettes, leurs paquets de toutes sortes, qu'ils trainent comme Sisyphe détalant dans le hall et sur le quai, toutes roulettes dehors, écrasant, bousculant, méprisant, insultant tout ce qui se présente sur leur passage. C'est ainsi qu'un couple interpelle une dernière fois le chef de gare en lui rappelant l'heure de sa promesse. Cette fois, c'est une jeune femme à la casquette grise, violette et jaune qui tient un sifflet à la main. Elle écoute et hausse les épaules. Que peut-elle répondre? Ce sont toujours les mêmes qui crient, ceux qui sont pressés, qui ont "des responsabilités, un travail important -plus que celui des autres- une lourde charge, dont ils ne voudraient pour rien au monde se séparer parce que c'est avant tout ce qui leur permet d'avoir ce genre de comportement. Ils n'ont pas peur de hurler, ils n'ont pas le temps et cela leur donne raison.
Le passager de "troisième classe" existe, quoi qu'on en dise. Il est là près de la porte, assis sur un strapontin, il est jeune, porte un survêtement et une casquette. Il a mis le son de la musique de son téléphone cellulaire au maximum de façon à se faire entendre de tous, à défaut d'être autrement respecté. Sans doute est-ce une manière de dire ce qu'il pense, de marquer son territoire entre les portes coulissantes des deux wagons et les toilettes? Il y a avec lui tous les autres: amoureux, désespérés, voyageurs et bagnards en fuite, qui portent sur eux tristesse et joie comme ce fantôme sur la jetée, planté sur le départ. Et tout cela se mélange comme le paysage d'un tableau qui poserait en principe la question du hasard et son destin.
Mais au fond, tout cela n'est-il pas déterminé? Tant de choses sont dites ici sur ce pays que l'on traverse de part en part. La partition se défait comme elle s'est jouée ailleurs ou auparavant. Chacun rentre chez soi, comme le train démarre et passe.
(A son bord apparaît le couple qui contestait tout à l'heure, soigneusement installé dans un wagon de première classe, le jeune homme qui passait sa musique à toute puissance est appréhendé par un contrôleur.)
Voila comment j'imagine le sort de ce train et de son équipage, faisant disparaitre avec lui le moyen d'un voyage idéal. On a vu plusieurs types de trains passer sur ce continent... qui ne s'arrêteront jamais.
Tout le monde semble là, qu'il soit français ou d'ailleurs. L'idiot, d'abord, qui déteste les gares, les hasards et "les retards coutumiers"... les trains qu'il a vendu en tant qu'usager et qui ne marchent plus, lui qui ne comprend pas pourquoi. Ils sont nombreux ceux-là, l'horloge scellée autour du cou, avec leurs valises énormes, leurs mallettes, leurs paquets de toutes sortes, qu'ils trainent comme Sisyphe détalant dans le hall et sur le quai, toutes roulettes dehors, écrasant, bousculant, méprisant, insultant tout ce qui se présente sur leur passage. C'est ainsi qu'un couple interpelle une dernière fois le chef de gare en lui rappelant l'heure de sa promesse. Cette fois, c'est une jeune femme à la casquette grise, violette et jaune qui tient un sifflet à la main. Elle écoute et hausse les épaules. Que peut-elle répondre? Ce sont toujours les mêmes qui crient, ceux qui sont pressés, qui ont "des responsabilités, un travail important -plus que celui des autres- une lourde charge, dont ils ne voudraient pour rien au monde se séparer parce que c'est avant tout ce qui leur permet d'avoir ce genre de comportement. Ils n'ont pas peur de hurler, ils n'ont pas le temps et cela leur donne raison.
Le passager de "troisième classe" existe, quoi qu'on en dise. Il est là près de la porte, assis sur un strapontin, il est jeune, porte un survêtement et une casquette. Il a mis le son de la musique de son téléphone cellulaire au maximum de façon à se faire entendre de tous, à défaut d'être autrement respecté. Sans doute est-ce une manière de dire ce qu'il pense, de marquer son territoire entre les portes coulissantes des deux wagons et les toilettes? Il y a avec lui tous les autres: amoureux, désespérés, voyageurs et bagnards en fuite, qui portent sur eux tristesse et joie comme ce fantôme sur la jetée, planté sur le départ. Et tout cela se mélange comme le paysage d'un tableau qui poserait en principe la question du hasard et son destin.
Mais au fond, tout cela n'est-il pas déterminé? Tant de choses sont dites ici sur ce pays que l'on traverse de part en part. La partition se défait comme elle s'est jouée ailleurs ou auparavant. Chacun rentre chez soi, comme le train démarre et passe.
(A son bord apparaît le couple qui contestait tout à l'heure, soigneusement installé dans un wagon de première classe, le jeune homme qui passait sa musique à toute puissance est appréhendé par un contrôleur.)
Voila comment j'imagine le sort de ce train et de son équipage, faisant disparaitre avec lui le moyen d'un voyage idéal. On a vu plusieurs types de trains passer sur ce continent... qui ne s'arrêteront jamais.
jeudi 6 janvier 2011
Un poème, un pas de trop.
Il faut aller écouter le poète. On ne sait pas bien pourquoi, au fond. Cela vient sans doute de tout ce que l'on dit de la poésie, qu'elle échappe à l'emprise de l'époque -quoiqu'en suspens, qu'elle se déploie comme une epoche- qu'elle est une expression de la beauté. Du poète est on en mesure d'espérer le déploiement d'une parole prophétique. En d'autres termes, plus pragmatiques, il valait mieux être là, à l'écoute de la poésie, l'art triomphant, que dans le tourbillon de la folie consumériste qui s'accélérait à côté, à l'annonce de Noël et des fêtes de fin d'année. Yves Bonnefoy, vieux bonhomme sympathique à l'a traine blanche et longue, était invité à Aix-en-Provence, au mois de décembre 2010, et c'était l'occasion d'un débat annoncé, à côté de la promotion de son nouveau livre "L'inachevé" que l'on devait trouver par sur les étales des librairies, sur son oeuvre poétiques et son travail de traduction des poètes anglais, Yeats et Shakespeare. Il était accompagné, pour débattre de l'épineuse question de la traduction poétique, d'un poète anglais, qui lui donna à échanger sur la grandeur poétique de Yeats et des subtilités pragmatiques de la langue anglaise, d'un universitaire, traducteur de russe et d'un gros pantin très lisse, maitre de cérémonie pour l'occasion, qui joua parfaitement son rôle de cuistre, caressant abondamment le vieil homme dans le sens du cheveu blanc. Ce fut, n'en faisons pas de mystères, terriblement pédant, artificiel et navrant... Comme en toutes circonstances, lorsqu'on essaie de "faire de la culture". On ne s'attendait pas moins à une grande messe masturbatoire sur ce thème inépuisé et celui tout aussi brillant de la "langue françoise". On s'en doutait aux roulements des tambours, aux petits fours, petits souliers, dès l'annonce sur le journal local, "La Provence", dès que la présentatrice, responsable du "Centre Saint Léger-Léger" prit le micro et déclama, non sans chuter sur un "bonjour" qui ressemblait à un [nouveau] "Beaujolour" -nous fûmes un instant près d'aborder vraiment la question de la culture française-, son amour, son honneur à accueillir Monsieur... Elle fût même prête à lui donner sa langue, son corps si le vieux avait voulu... Nous étions dans le petit amphithéâtre d'Aix-en-Provence, en face de la Cité du Livre et de la bibliothèque de la Méjanes. On nous passa d'abord le film consacré à Bonnefoy tiré de l'excellente émission "Un siècle d'écrivain". On aurait dû en rester là. Tout le monde aurait été content. Les hommes à chapeau seraient retournés à leurs cigares et à leurs téléphones portables en s'enorgueillissant d'avoir retrouvé quelque chose de leurs 17 ans, les enseignants seraient paisiblement retournés à leurs copies, les femmes avaient joui du spectacle, les vieux étaient sortis... On aurait pu rentrer sagement chez soi. Il neigeait d'ailleurs ce jour-là, on aurait pu en profiter avec l'émotion d'un poème à venir. Mais ce qui se déroula après fut malheureusement pathétique et décevant. Il ne fut jamais question de la traduction, le vieil homme de la plus grande "mauvaise foi" écartant toute méthode, tout principe, travail, qui l'aurait enfermé derrière une étiquette. On obtint ainsi ce genre de formule ou de posture : "Le poète est un poète", fait inconditionnel. Ces inepties sont aussi la conséquence d'un tel débat et d'une telle mascarade. Mais l'homme n'aurait-il pas pu s'assoir un moment et discuter? Non. Il professa comme un aveugle borné et sénile, préférant la magie de l'intuition et de l'artiste, comme s'il dénigrait l'effort, déclarant au passage que le lecteur avait sa part de travail, que la musicalité et le rythme étaient internes aux vers, à la poésie, qu'il revenait à ce dernier d'en trouver la partition. Il repoussa en ce sens tout le travail et les interrogations posées par un pauvre traducteur de russe qui posa pourtant de vrais problématiques liées au débat portant par exemple sur la question du langage à adopter ou du système métrique. Il raconta comment il se trouvait parfois confronté au problème de traduction de la versification russe, souvent écrite en octosyllabes et décasyllabes, en français. Le vieil empereur repoussa ces questions d'un revers de la main : "A-t-on besoin de respecter la versification dans une traduction ?". "On compte pourtant l'exemple des traductions en décasyllabes de Philippe Jacottet", nous confira plus tard l'homme blessé, une fois le rideau tombé. Ce fut un règlement de compte gagné d'avance. Nous avions d'un côté le poète triomphant, avec lequel riait grassement le public, qui devisait savamment sur la poésie contre la science, de l'autre un traducteur au visage grave et sec, qui du reste lui reconnaissait un grand talent. Ce ne fut qu'un petit meurtre, digne des petits hommes qui auraient à mépriser les petits écrits et les petites gens. On a donc appris plus de choses sur le maitre et poète, son orgueil et sa malhonnêteté intellectuelle. C'est ainsi qu'il revint plus tard, au cours du débat, sur les choix qui l'avaient amené à traduire certains poèmes de Yeats et admit, sans reconsidérer pour autant l'à-propos de son voisin de table, qu'il les avaient choisi en fonction de la barrière linguistique et de ses compétences à les saisir et les traduire dans sa propre langue. Il évoqua dans des termes similaires la langue anglaise en évoquant sa dimension pragmatique. Tout cela nous amène aussi réévaluer le manque d'intérêt de ces débats promotionnels, guidés par le charme d'une province radieuse et discrète. "Il n'est qu'un homme", voila tout ce que l'on retiendra. Mais l'image du grand poète populaire s'éteignant sous les ponts de Paris en ressort ternie. Et pour enfoncer le clou, on eut finalement droit au numéro narcissique auxquels se plaisent les grands ducs de la "haute culture" en écoutant la médiocrité d'une lecture renouant manifestement avec une tradition littéraire. Car, s'il est un grand poète, la lecture est un art qu'il ne possède pas! On note que de nombreux enregistrements et lectures proposés par les auteurs eux-mêmes, poètes de surcroit, sont souvent de vraies horreurs et tortures pour les oreilles de leurs auditeurs. En écoutant Bonnefoy lire et relire, ne s'arrêtant plus, on eut l'impression d'entendre toujours le même poème lu par un seul homme, avec la même scansion, perdant parfois le souffle, reprenant son cours vertigineux. On espérait la chute. (On s'écria: "Monsieur, l'humilité vous abandonne... Il faut que la chanson cesse!") Un poème, un pas de trop... On ne broncha pas et on applaudit même avec la force des convenances d'usage et des égards dus à un homme de cet âge. L'hypocrisie saluant autant la performance que l'oeuvre accomplie. On le remercia même car nous lui devions cette idée exprimée à la sortie, dans la tourmente d'un rude hiver: "la poésie est un objet fragile dont la puissance est silencieuse".
Propos recueillis et inventés par Ulysses.
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lundi 22 novembre 2010
Silvio Berlusconi restitue son pénis à Mars et ses mains à Vénus
Le Monde, 19/11/2010
Rome, correspondant - Presqu'intactes, imposantes (2,28 mètres de haut), lisses et lourdes de leur poids de marbre blanc (1,4 tonne), Mars et Vénus n'avaient qu'un défaut : ces deux statues sculptées au IIe siècle après Jésus-Christ – représentées sous les traits de l'empereur Marc-Aurèle et de son épouse Faustine – avaient laissé dans la terre d'Ostie où elles ont été retrouvées en 1918, son pénis pour l'une, ses deux mains pour l'autre. Trois fois rien en comparaison de celles, autrement mutilées, qui remplissent les réserves et les musées italiens.
Trois fois rien, c'est encore deux fois trop pour Silvio Berlusconi qui, depuis quelques mois, héberge – à titre provisoire – le couple impérial dans la cour d'honneur de la présidence du conseil, le palais Chigi à Rome. Aussi soucieux de sa propre image que de son décor, le premier ministre a décidé d'appliquer à ses statues la chirurgie esthétique qu'il ne se refuse pas. Convoquant son architecte personnel, il lui a confié la tâche de rendre à Vénus ses dix doigts, à Mars, sa virilité. Ce qui fût fait. Coût de l'opération, sans points de suture apparents : 70 000 euros, payés par la présidence du conseil.
Révélée jeudi 18 novembre par Carlo-Alberto Bucci, journaliste du quotidien de gauche La Repubblica, l'affaire fait grand bruit. Outre la somme dépensée qui aurait pu être utilisée pour sauver un pan de mur à Pompeï ou une fresque à L'Aquila, M. Berlusconi et son architecte se voient reprocher d'avoir voulu confondre le vrai du marbre et le faux de la résine, gommant le hiatus entre les éléments originaux les parties reconstituées. Le ministère de la culture et son titulaire Sandro Bondi sont également sous accusation pour avoir autorisé cette radicale remise à neuf.
"L'ART EST UN POINT DE VUE"
" Encore une fois, a regretté la députée du Parti démocrate (gauche) Manuella Ghizzoni, nous sommes en présence d'une institution qui se plie aux caprices et aux manies du premier ministre imposées cette fois à deux vestiges de l'Antiquité qui, contrairement à d'autres, ne se sont jamais lamentés du passage du temps." En réponse, le ministre a fait savoir que ces "retouches" ne contrevenaient pas à l'article 7 de la charte de l'Unesco de 1972 adoptée par l'Italie en matière de restauration et qu'elles étaient "innovantes". Ces prothèses devraient normalement être ôtées lorsque les statues retrouveront leur domicile habituel du musée romain des thermes de Dioclétien.
"C'est une question idéologique, souligne l'expert et marchand d'art italien Peter Glidewell. Le Bernin lui même a 'arrangé' quelques antiquités. Viollet-le-Duc qui passe aujourd'hui pour un sagouin était considéré comme un génie à son époque. L'art n'est pas une science, mais un point de vue. Le seul critère de jugement est celui du bon goût."
Mais que Silvio Berlusconi impliqué dans plusieurs scandales sexuels restitue le membre perdu de Mars fera ricaner les psychanalystes. En 2008, il avait, au contraire, fait recouvrir pudiquement le sein généreux d'une copie d'un tableau de Tiepolo, La Vérité dévoilée par le temps, qui orne les murs de la salle de presse du palais Chigi. Réparateur aujourd'hui, dissimulateur hier, quel est le vrai Berlusconi ?
Philippe Ridet
jeudi 19 août 2010
Extraits de L'insurrection publiés dans Le Journal Libération, La Fabrique
L'insurrection, Editions de La Fabrique
De gauche à droite, c’est le même néant
«Sous quelque angle qu’on le prenne, le présent est sans issue. Ce n’est pas la moindre de ses vertus. A ceux qui voudraient absolument espérer, il dérobe tout appui. Ceux qui prétendent détenir des solutions sont démentis dans l’heure. C’est une chose entendue que tout ne peut aller que de mal en pis. "Le futur n’a plus d’avenir" est la sagesse d’une époque qui en est arrivée, sous ses airs d’extrême normalité, au niveau de conscience des premiers punks. La sphère de la représentation politique se clôt. De gauche à droite, c’est le même néant qui prend des poses de cador ou des airs de vierge, les mêmes têtes de gondole qui échangent leurs discours d’après les dernières trouvailles du service communication. (page 7)
Un champ hostile de stratégies
Il n’y a pas à s’engager dans tel ou tel collectif citoyen, dans telle ou telle impasse d’extrême gauche, dans la dernière imposture associative. Toutes les organisations qui prétendent contester l’ordre présent ont elles-mêmes, en plus fantoche, la forme, les mœurs et le langage d’États miniatures. Toutes les velléités de "faire de la politique autrement" n’ont jamais contribué, à ce jour, qu’à l’extension indéfinie des pseudopodes étatiques. Il n’y a plus à réagir aux nouvelles du jour, mais à comprendre chaque information comme une opération dans un champ hostile de stratégies à déchiffrer, opération visant justement à susciter chez tel ou tel, tel ou tel type de réaction; et à tenir cette opération pour la véritable information contenue dans l’information apparente. (page 82)
Savoir se battre
Il s’agit de savoir se battre, crocheter des serrures, soigner des fractures aussi bien que des angines, construire un émetteur radio pirate, monter des cantines de rue, viser juste, mais aussi rassembler les savoirs épars et constituer une agronomie de guerre, comprendre la biologie du plancton, la composition des sols, étudier les associations de plantes et ainsi retrouver les intuitions perdues, tous les usages, tous les liens possibles avec notre milieu immédiat et les limites au-delà desquelles nous l’épuisons ; cela dès aujourd’hui, et pour les jours où il nous faudra en obtenir plus qu’une part symbolique de notre nourriture et de nos soins. (page 96)
Multiplier les zones d’opacité
Le territoire actuel est le produit de plusieurs siècles d’opérations de police. On a refoulé le peuple hors de ses campagnes, puis hors de ses rues, puis hors de ses quartiers et finalement hors de ses halls d’immeuble, dans l’espoir dément de contenir toute vie entre les quatre murs suintants du privé. La question du territoire ne se pose pas pour nous comme pour l’État. Il ne s’agit pas de le tenir. Ce dont il s’agit, c’est de densifier localement les communes, les circulations et les solidarités à tel point que le territoire devienne illisible, opaque à toute autorité. Il n’est pas question d’occuper, mais d’être le territoire. (page 97)
Rendre à la neige le petit écran
Pour la méthode, retenons du sabotage le principe suivant : un minimum de risque dans l’action, un minimum de temps, un maximum de dommages. Pour la stratégie, on se souviendra qu’un obstacle renversé mais non submergé - un espace libéré mais non habité - est aisément remplacé par un autre obstacle, plus résistant et moins attaquable. Inutile de s’appesantir sur les trois types de sabotage ouvrier : ralentir le travail, du "vas-y mollo" à la grève du zèle; casser les machines, ou en entraver la marche ; ébruiter les secrets de l’entreprise. Elargis aux dimensions de l’usine sociale, les principes du sabotage se généralisent de la production à la circulation. L’infrastructure technique de la métropole est vulnérable : ses flux ne sont pas seulement transports de personnes et de marchandises, informations et énergie circulent à travers des réseaux de fils, de fibres et de canalisations, qu’il est possible d’attaquer. Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd’hui de reconquérir et réinventer les moyens d’interrompre ses réseaux. Comment rendre inutilisable une ligne de TGV, un réseau électrique? Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ? (page 100)
S’appuyer sur les crises sociales
La dévastation de la Nouvelle-Orléans par l’ouragan Katrina a donné l’occasion à toute une frange du mouvement anarchiste nord-américain de prendre une consistance inconnue en ralliant tous ceux qui, sur place, résistent au déplacement forcé. Les cantines de rue supposent d’avoir pensé au préalable l’approvisionnement; l’aide médicale d’urgence exige que l’on ait acquis le savoir et le matériel nécessaires, tout comme l’installation de radios libres. Ce qu’elles contiennent de joie, de dépassement de la débrouille individuelle, de réalité tangible insoumise au quotidien de l’ordre et du travail garantit la fécondité politique de pareilles expériences. Dans un pays comme la France, […] c’est moins sur les crises "naturelles" qu’il faut compter que sur les crises sociales. C’est aux mouvements sociaux qu’il revient ici le plus souvent d’interrompre le cours normal du désastre. (page 109)
La fin de la centralité révolutionnaire parisienne
Le pouvoir ne se concentre plus en un point du monde, il est ce monde même, ses flux et ses avenues, ses hommes et ses normes, ses codes et ses technologies. Le pouvoir est l’organisation même de la métropole. […] Aussi, qui le défait localement produit au travers des réseaux une onde de choc planétaire. Les assaillants de Clichy-sous-Bois ont réjoui plus d’un foyer américain, tandis que les insurgés d’Oaxaca ont trouvé des complices en plein cœur de Paris. Pour la France, la perte de centralité du pouvoir signifie la fin de la centralité révolutionnaire parisienne. Chaque nouveau mouvement depuis les grèves de 1995 le confirme. Ce n’est plus là que surgissent les menées les plus osées, les plus consistantes. Pour finir, c’est comme simple cible de razzia, comme pur terrain de pillage et de ravage que Paris se distingue encore. Ce sont de brèves et brutales incursions venues d’ailleurs qui s’attaquent au point de densité maximale des flux métropolitains. (page 122)
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lundi 16 août 2010
L'OM de Dassier
Dassier, "l'homme en toc"... Souvenons-nous du feuilleton Mancini durant le dernier marcato d'hiver, de la promesse d'un retour de Didier Drogba sur les pelouses du Vélodrome. Ces annonces de séducteur à destination de supporters en rut sont le seul recours, le seul jeu que mène désormais tout nouveau président, publicitaire, homme de communication, autre reconverti issu de la télévision et plus spécifiquement de TF1 (il y eut C. Villeneuve au PSG et on annonce l'arrivée de P. Lelay à Rennes). Des annonces, des effets de manche, des spéculations, de la demesure. Est-ce là sa manière de séduire les marseillais? "Vous aurez Drogba" aurait-il promis à son arrivée, comme pour marquer de son empreinte l'ère, la nouvelle, d'un homme tranchant dans ce milieu amoral, de langues de bois. S'imposant d'une voix ferme, assurée, maitrisant toutes les ficelles de la "communication", laissant entendre ainsi qu'il joue dans le registre des grands de la démagogie et du populisme. Un autre Tapis, quoi! On comprend mieux pourtant, c'était entendu. (On connait le sort réservé aux salariés d'IBM licenciés par le généreux Bernard, celui même qui apporta la victoire au club ! On leur pardonnerait tout !) C'est pourtant un homme de paille qui figure là, un homme de théâtre, un pantin, qui est là sans qu'on sache pourquoi. C'est ça le football, ça fonctionne désormais ainsi: par carnets d'adresse interposés, par réseaux. Son entrée sur la scène marseillaise, n'est pas sans rappeler d'ailleurs celle d'A. Boucher, précédemment apparu comme un "homme providentiel", lui aussi. Ils le sont tous à vrai dire, pourvus des mêmes qualités: "honnêtes", "droits", "fermes", "gestionnaire", "humain", établissant une transition nette avec l'ancien monde, incarnant fièrement le changement, etc. Ce Dassier ressemble pourtant à tant d'autres occupant ce poste dans d'autres clubs de football, dont on saisit mal le profil "Pôle-Emploi". On perçoit toutefois le portait d'une classe sociale outrancière, aisément dilettante, un peu comme ces ministres qui vont et viennent, d'un bord, de l'autre, avec cette même facilité parce qu'ils sauraient diriger et seraient fait pour ça. Dassier prête à rire et l'OM tout entier sous la baguette du maitre-d'oeuvre qui a montré toute l'étendue de son incompétence. On sait que Niang, l'attaquant vedette de Marseille, qui a indéniablement contribué à la bonne tenue du club au cours de ces cinq dernières années est depuis la semaine dernière la nouvelle recrue de l'équipe stambouliote de Fenerbaçe. C'est sans doute peu surprenant compte tenu des ambitions affichées par le club, par la voix de son entraineur qui a rappeler dès son arrivée la nécessité de recruter des joueurs de haut niveau. Le joueur sénégalais, bientôt âgé de 31 ans, a-t-il peut-être presenti qu'une page devait être tournée et que la machine à broyer de Deschamps aurait sa peau? Peut-être. Mais il semble que le contrat proposé au joueur marseillais constitue également un argument puisqu'il touchera un salaire d'environ 900.000 euros/mois. Le comique de la situation actuelle tient retrospectivement aux déclarations de Jean-Claude Dassier qui annonçait à propos du dossier Niang, dont on évoquait déjà le départ le 02 août dernier, avec cette fermeté qu'on lui connait : "Mamadou est au club et il y reste. Pas question de le laisser partir à huit jours de la reprise". On sent que l'homme maitrise son sujet. Dans la foulée il se clamait partout que le grand attaquant brésilien, Luis Fabiano allait débarqué à l'OM. Tartarin bombait le torse: Marseille exultait! Ce n'était en fait qu'un autre effet de manche, cousu dans l'improbabilité, un morceau dont on a le secret à Marseille, un grand air d'arbalette... "Le club est en crise", "va droit dans le mur" annonçait-on dans le journal L'équipe. Il présente en tout cas tous les symptomes de la déroute et du naufrage, mais le club garde toutefois son allant comique. Il ne reste plus que 15 jours aux dirigeants du club, avant la fermeture officielle du Marché estival, pour trouver la perle rare: un remplaçant de classe internationale qui serait susceptible de faire oublier le départ précipité du grand "Mamad". Place maintenant à la gaudriole, à la farce, on parle à présent d'un plan B, Z, qu'importe... Et il y a malheureusement urgence, puisque seul Brandao compte en attaque! Le titre remporté par l'équipe de l'année passée semble déjà s'éloigner et il est d'ailleurs étonnant de songer au départ annoncé de B. Cheyrou et Ben Arfa, autres joueurs impliqués dans le succès de l'équipe olympienne ces deux dernières années...
mardi 6 avril 2010
Le "Vol Maternel" ou l'Etat de nécéssité
Une Peine de principe demandée contre le vol maternel
Article paru le 29 mars 1997
La cour d'appel de Poitiers rendra son arrêt le 11 avril dans l'affaire de la mère de famille de Niort (Deux-Sèvres), relaxée en première instance pour avoir volé de la viande dans des supermarchés afin de nourrir ses enfants.
L'AFFAIRE, « somme toute banale », comme l'a indiqué hier l'avocat général devant la cour d'appel de Poitiers, où elle était rejugée à la demande du parquet, avait fait grand bruit lorsqu'elle avait été connue, à la fin de février dernier. Peut-être parce que, d'une certaine manière, elle montrait qu'à l'approche du XXIe siècle on vit dans ce pays, et plus souvent qu'on le croit, comme au temps de Zola. Rappelons les faits à grands traits (voir « l'Humanité » du 1er mars). Françoise (ou Annick, peu importe son nom, elle a au moins droit à l'anonymat), aide-cuisinière à temps partiel pour 1.700 francs par mois, mère célibataire avec deux enfants qui en avaient « marre » de manger chaque soir « des pâtes et de la purée Mousseline », s'était laissée aller, un jour de janvier, à voler un peu de poisson, de charcuterie et de viande dans trois supermarchés de Poitiers. Pour ne plus « entendre le ventre de (ses) enfants crier dans (sa) tête ». Prise sur le dernier fait par un vigile, elle avait été déferrée le 2 février devant le tribunal correctionnel de Poitiers, le parquet ayant choisi de poursuivre cette « délinquante », sans antécédent judiciaire, qui n'a jamais eu de dette de loyer, d'électricité ou d'assurance auto malgré la modicité de ses revenus (4.478 francs, toutes allocations comprises). La juge s'était montrée moins intraitable en accédant aux arguments de l'avocat de Françoise, Me Brottier. Qui avait plaidé « l'état de nécessité », sur la base d'une jurisprudence datant du XIXe siècle, quand « le bon juge » de Château-Thierry, le président Magnaud, avait relaxé une voleuse de pain qui n'avait pas d'autre moyen pour nourrir sa famille. La relaxe de Françoise n'avait pas été du goût du procureur de Poitiers, qui fit appel. Pour lui « l'état de nécessité » n'était pas prouvé, puisque les deux enfants de Françoise mangeaient à la cantine de leur école... Ce fut encore la ligne défendue hier par l'avocat général devant la cour d'appel, après que Françoise eut, une fois de plus, exprimé ses « regrets » pour son geste dicté par « l'amour de (ses) enfants ». Le représentant du ministère public a requis « la nullité du jugement » en première instance, en tentant de démontrer que « l'état de nécessité » ne pouvait pas s'appliquer dans ce dossier : « Même s'il est juste de prendre en compte la situation qui a pu conduire à commettre l'infraction (...), cette affaire aurait dû connaître une issue classique : une peine de principe pour marquer un avertissement ». On pourra juger ce réquisitoire moins sévère que celui prononcé en correctionnelle, quand deux mois de suspension de permis de conduire - avec comme conséquence le chômage -avaient été demandés contre Françoise. Est-ce étranger aux sentiments de l'opinion publique ? Dans un sondage SOFRES réalisé pour le « Nouvel Observateur » du 5 mars, selon la méthode des quotas auprès d'un échantillon représentatif de 800 adultes, 69% des personnes interrogées estimaient que le tribunal a eu raison de relaxer cette mère de famille 30% étant d'un avis contraire. Elles étaient plus partagées sur l'opportunité des poursuites 49% étant contre (60% - le taux le plus haut - parmi les sympathisants communistes), 48%> étant pour. Ou même sur l'appel du procureur. Qui était approuvé par 60% des sondés, d'accord avec l'idée qu'il ne faut pas créer de précédent et justifier à l'avenir ce type de délits, mais désavoué par 36% des personnes interrogées, pour qui le parquet a fait preuve d'une sévérité excessive.
L'Humanité
Article paru le 29 mars 1997
La cour d'appel de Poitiers rendra son arrêt le 11 avril dans l'affaire de la mère de famille de Niort (Deux-Sèvres), relaxée en première instance pour avoir volé de la viande dans des supermarchés afin de nourrir ses enfants.
L'AFFAIRE, « somme toute banale », comme l'a indiqué hier l'avocat général devant la cour d'appel de Poitiers, où elle était rejugée à la demande du parquet, avait fait grand bruit lorsqu'elle avait été connue, à la fin de février dernier. Peut-être parce que, d'une certaine manière, elle montrait qu'à l'approche du XXIe siècle on vit dans ce pays, et plus souvent qu'on le croit, comme au temps de Zola. Rappelons les faits à grands traits (voir « l'Humanité » du 1er mars). Françoise (ou Annick, peu importe son nom, elle a au moins droit à l'anonymat), aide-cuisinière à temps partiel pour 1.700 francs par mois, mère célibataire avec deux enfants qui en avaient « marre » de manger chaque soir « des pâtes et de la purée Mousseline », s'était laissée aller, un jour de janvier, à voler un peu de poisson, de charcuterie et de viande dans trois supermarchés de Poitiers. Pour ne plus « entendre le ventre de (ses) enfants crier dans (sa) tête ». Prise sur le dernier fait par un vigile, elle avait été déferrée le 2 février devant le tribunal correctionnel de Poitiers, le parquet ayant choisi de poursuivre cette « délinquante », sans antécédent judiciaire, qui n'a jamais eu de dette de loyer, d'électricité ou d'assurance auto malgré la modicité de ses revenus (4.478 francs, toutes allocations comprises). La juge s'était montrée moins intraitable en accédant aux arguments de l'avocat de Françoise, Me Brottier. Qui avait plaidé « l'état de nécessité », sur la base d'une jurisprudence datant du XIXe siècle, quand « le bon juge » de Château-Thierry, le président Magnaud, avait relaxé une voleuse de pain qui n'avait pas d'autre moyen pour nourrir sa famille. La relaxe de Françoise n'avait pas été du goût du procureur de Poitiers, qui fit appel. Pour lui « l'état de nécessité » n'était pas prouvé, puisque les deux enfants de Françoise mangeaient à la cantine de leur école... Ce fut encore la ligne défendue hier par l'avocat général devant la cour d'appel, après que Françoise eut, une fois de plus, exprimé ses « regrets » pour son geste dicté par « l'amour de (ses) enfants ». Le représentant du ministère public a requis « la nullité du jugement » en première instance, en tentant de démontrer que « l'état de nécessité » ne pouvait pas s'appliquer dans ce dossier : « Même s'il est juste de prendre en compte la situation qui a pu conduire à commettre l'infraction (...), cette affaire aurait dû connaître une issue classique : une peine de principe pour marquer un avertissement ». On pourra juger ce réquisitoire moins sévère que celui prononcé en correctionnelle, quand deux mois de suspension de permis de conduire - avec comme conséquence le chômage -avaient été demandés contre Françoise. Est-ce étranger aux sentiments de l'opinion publique ? Dans un sondage SOFRES réalisé pour le « Nouvel Observateur » du 5 mars, selon la méthode des quotas auprès d'un échantillon représentatif de 800 adultes, 69% des personnes interrogées estimaient que le tribunal a eu raison de relaxer cette mère de famille 30% étant d'un avis contraire. Elles étaient plus partagées sur l'opportunité des poursuites 49% étant contre (60% - le taux le plus haut - parmi les sympathisants communistes), 48%> étant pour. Ou même sur l'appel du procureur. Qui était approuvé par 60% des sondés, d'accord avec l'idée qu'il ne faut pas créer de précédent et justifier à l'avenir ce type de délits, mais désavoué par 36% des personnes interrogées, pour qui le parquet a fait preuve d'une sévérité excessive.
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Revue de Presse
lundi 22 mars 2010
Le monde du meshugah
Les cimes du point du jour disparaissent sous le brouillard. Le crachin gris et monotone.
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Graphodyschroniques
...ils traversèrent le Tibre sans le remarquer...
Deux mots sur les dames italiennes. J'espérais trouver là-bas des femmes appétissantes; j'en avais, si l'on peut dire, l'eau à la bouche; j'étais prêt à me mettre à table. Eh bien! je suis désenchanté. Pourtant, je les ai cherchées, à Padoue, à Venise (les rousses), à Rome... Je ne mettais la main que sur des mortes : Beatrix Cenci, la Fornarina, une princesse de la Maison d'Este, la Sanseverina, Jeanne d'Aragon (ma favorite)... Belles amies à deux dimensions que je connais à livre ouvert.
Mon ami était désolé; il me garantissait qu'elles existaient, que l'Italie en regorgeait, mais il était forcé d'admettre qu'en ma compagnie on n'en levait pas. Son amour-propre en souffrait, visiblement. Du tout-venant, des visages quelconques, mais pas de beautés extraordinaires.
Il y a peut-être des saisons comme celle-là.
Mais les hommes, eux, sont bien jolis.
Henri Calet, L'Italie à la paresseuse, Le dilettante, 1950, 2009.
samedi 6 mars 2010
Albert Camus commentateur de football
Cahiers du Football
"Tout ce que je sais de la morale, je le dois au football "
Albert Camus, gardien de but et Prix Nobel de littérature
http://www.lemonde.fr/culture/video/2010/01/04/albert-camus-commentateur-de-football_1287127_3246.html
"Tout ce que je sais de la morale, je le dois au football "
Albert Camus, gardien de but et Prix Nobel de littérature
http://www.lemonde.fr/culture/video/2010/01/04/albert-camus-commentateur-de-football_1287127_3246.html
vendredi 19 février 2010
jeudi 18 février 2010
Le monde du meshugah
Le bras mécanisé, armé d'un marteau-piqueur, descelle les pavés de la rue de Siam : détonations de mitrailleuse.
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